Le Sacrifice et l'Amour
  
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Le Sacrifice et l'Amour est un roman de Marthe Fiel publié à Paris en 1934.
Extrait
| I
Le plus grand contraste existait entre Christiane Gendel et Bertranne Fodeur. La première subissait les influences et se révélait de caractère scrupuleux. Elle savait cependant vouloir, mais souvent elle prenait le côté faux d’une circonstance, ce qui la conduisait à des erreurs.
Bertranne Fodeur était toute décision. Sa nature était celle d’une lutteuse. Des yeux noirs flambaient dans son visage. Une chevelure ondée encadrait son teint mat. Ses dents, petites, luisaient entre ses lèvres un peu pâlies par l’anémie, consécutive au travail auquel elle se livrait sans arrêt. Ce qu’elle possédait de rare était un front d’une blancheur éclatante, sans une ride. Il illuminait, positivement.
Était-elle belle ? Elle plaisait.
Son caractère était complexe. Elle se montrait tour à tour concentrée, énigmatique, démonstrative et aimante. Son cœur était enthousiaste et indulgent.
Christiane, elle, était une radieuse jeune fille aussi blonde que son amie était brune. Les yeux couleur noisette, apparaissaient doux et limpides et attiraient invinciblement. Son teint, délicat d’apparence, était blanc et rose.
Elle était d’une minceur élégante, et sa distinction était impeccable.
Jusqu’alors, les arts, les bonnes œuvres occupaient son existence. Riche, elle pouvait se permettre de donner. N’aimant pas la vie mondaine, elle ne s’attachait pas aux hommages et traitait les amis de la maison en bons camarades.
Les deux jeunes filles étaient toutes deux orphelines de père. Si un contraste existait entre elles deux, il était plus accentué encore entre leurs mères.
Madame Gendel ne vivait que pour le monde. Très frivole, elle allait de soirée en soirée, essayant d’y entraîner sa fille, mais celle-ci semblait s’en éloigner d’autant plus, que sa mère n’avait que ces plaisirs extérieurs pour objectif.
Elle trouvait que sa mère ne prenait pas la vie au sérieux. Elle s’en voulait de critiquer celle qui était sa grande affection et elle rêvait de devenir, elle, en compensation, une jeune fille austère, passant ses jours à faire le bien...|

 
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